La politique française d’intervention extérieure au lendemain des printemps arabes

Bernard Lauriac nous propose la conférence d’Aurélie Vittot : «LA POLITIQUE FRANCAISE D’INTERVENTION EXTERIEURE AU LENDEMAIN DES PRINTEMPS ARABES»

partir de décembre 2010 et durant toute l’année 2011, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient sont touchés par des contestations populaires de forte ampleur. Ces mouvements révolutionnaires nationaux, nommés « Printemps arabes » dénoncent misère, chômage, absence de libertés individuelles et témoignent d’un besoin de démocratie. Dans ces conditions neuves, on peut penser que les relations de la France avec l’Afrique soient renouvelées.

Pourtant, la politique d’intervention extérieure du Président Hollande s’inscrit, dit-on, dans la continuité de celle de Sarkozy. Des actions de guerre conduites par la France, se sont déroulées, depuis la crise postélectorale en Côte d’Ivoire en 2010-2011 jusqu’aux combats actuels en Irak et en Syrie, contre l’Etat Islamique. Citons pour mémoire : l’opération Serval au Mali (2013-2015), l’opération Barkhane au Sahel (2014), l’opération Sangaris en République centrafricaine…Ces interventions successives de la France en Afrique donnent à penser que François Hollande a échoué à modifier en profondeur la relation à l’Afrique et qu’il retourne, comme ses prédécesseurs, aux pratiques « traditionnelles » de la France en Afrique, figure de « gendarme » et de « faiseuse de rois ».Mais la réalité est plus complexe. Les interventions militaires s’inscrivent dans des pratiques et un discours français renouvelés, ceux de l’ « appropriation », qui peut se résumer par « l’Afrique aux Africains, la France en soutien ».

Alors, comment comprendre les différentes opérations militaires entreprises sous les deux présidences ? Quelle est la différence entre l’interventionnisme français et le positionnement de ses partenaires occidentaux ? L’évolution des relations avec les Africains et la mise en place de nouvelles pratiques est-elle possible ?

Aurélie Vittot est aujourd’hui Maître de conférence à Science PO Paris. Sa thèse de doctorat, dirigée par Bertrand Badie, s’intéresse à la réponse apportée par la France aux différentes crises du monde arabe. Elle a pour titre : « Expliquer la politique française d’intervention extérieure depuis 2010 ».Pour mieux comprendre les défis sécuritaires que rencontrent les états d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Aurélie Vittot s’est lancée dans l’étude de la langue arabe. Elle a conduit une partie de ses recherches à Paris, au ministère des Affaires étrangères et de la Défense, et à New York, au siège des Nations Unies. Elle dirige, entre autre, un cours d’« Introduction aux Relations Internationales » auprès des étudiants de Science Po Paris.

Passionnée par les questions de politique étrangère et dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires, elle décryptera pour nous la position de la France dans ce nouvel équilibre des pays d’Afrique du Nord.

Université des Savoirs Partagés

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