Nouveaux regards sur le vieillir 2/2

Face à l’allongement de la longévité et l’entrée massive ces prochaines années des baby-boomers dans le grand âge, il est important d’améliorer les savoirs sur les dynamiques de vieillissement. Et de se pencher sur le rapport au corps, à la santé, à l’espace, au temps et aux autres des personnes de plus de 60 ans, ainsi que sur les stratégies qu’elles mettent en œuvre pour compenser les effets du vieillissement et préserver leur intégration dans la société. Force est de constater que la conception biomédicale du vieillissement, associée à des préoccupations d’ordre économique et politique, a fini par construire une image négative du vieillissement et que l’image de la vieillesse déficitaire, invisible et immobile, demeure particulièrement prégnante. Dans cette perspective, l’avancée en âge rime avec le rétrécissement graduel des rapports à l’autre, des espaces et des temps pour soi jusqu’au confinement dans la sphère de l’intime (domicile, maison de retraite, etc.). A l’aune de l’allongement de l’espérance de vie, ce modèle révèle ses limites et laisse entrevoir les insuffisances et les dénis d’une pensée réductionniste, sexiste et agîste, qui contribuent à masquer la complexité et la diversité des expériences du vieillir.
A l’opposé de ces représentations réductrices, si vieillir c’est s’accommoder des transformations induites par le temps qui passe, cette expérience, loin d’être disqualifiante, témoigne du désir de s’assurer une présence différente au monde et de la volonté d’assurer une continuité dans sa construction identitaire, à travers la mise en oeuvre de stratégies d’accommodation qui s’expriment dans tous ces petits arrangements du quotidien, ces « arts de faire » avec ces corps qui s’épuisent peu à peu. En essayant de préserver l’essentiel, la vieille personne cherche à rester pleinement impliquée dans les activités qu’elle estime primordiales. Mais l’environnement social peut affermir, voire légitimer, l’ostracisme et participer à une forme d’exclusion de nos aînés.
Comment les inégalités sociales et de genre persistent rappelant avec force que les formes du vieillir sont dépendantes des conditions de vie présentes et des trajectoires passées ? En quoi et comment les expériences du vieillir sont traversées par les rapports sociaux des sexes ? Comment peut-on saisir, comprendre et restituer ces expériences singulières du vieillir ?

Gudule et Galipette

  • Animé par : Alexandra Josse
  • Diffusion : Les mercredis de 12H35 à 13h ou les lundis de 13h à 14h selon le format du reportage
  • Site Web : http://www.gudule-galipette.fr/

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