La mort de Jean-Paul Sartre / Marquis de Sade “Rue de Siam”

Le philosophe et écrivain français Jean-Paul Sartre est mort le 15 avril 1980 à Paris, ayant mené une vie engagée, qui force souvent l’admiration. Son œuvre a marqué le milieu du siècle et sa vie d’intellectuel engagé a suscité polémiques et réticences. Agrégé de philosophie à l’Ecole normale supérieure, il est autant connu pour son œuvre, notamment ses paradigmes philosophiques que l’on regroupe sous le nom d’existentialisme, que pour son engagement politique, de gauche radicale. L’œuvre de Jean-Paul Sartre se constitue d’essais et de textes philosophiques majeurs comme L’Être et le Néant (1943) ou L’existentialisme est un humanisme (1945). Elle est également riche de textes littéraires avec son recueil de nouvelles publié en 1939, Le Mur, ou ses romans comme Les chemins de la liberté (1945). Son théâtre avec des pièces – par exemple Les Mouches (1943), ou Huis clos (1944) – est également une part importante de son activité littéraire durant la période existentialiste. Plus tard, il publie en 1964 un texte autobiographique remarqué, Les Mots, ainsi qu’une vaste étude sur Flaubert (L’idiot de la famille, 1970-1971) avec lequel il semble se rapprocher de la psychanalyse. Ces œuvres lui valent une immense réputation et provoquent parfois le scandale. Intransigeant et fidèle à lui-même et à ses idées, il a toujours rejeté les honneurs. Il refuse notamment le prix Nobel de littérature de 1964. Sartre était connu aussi comme le compagnon de Simone de Beauvoir. C’est avec elle qu’il fonde la revue des Temps Modernes, politiquement très engagée. Sartre, dans toute son œuvre, est le philosophe de la liberté et de la conscience. Récusant la fatalité, il a peint l’homme, dans tous ses écrits, comme un existant maître de ses valeurs et de l’histoire. Considéré comme le père de l’existentialisme français, aux multiples facettes d’écrivain du XXème siècle, il a influencé de nombreux artistes et philosophes comme Simone de Beauvoir, Albert Camus ou encore Maurice Merleau-Ponty.

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D’un point de vue musical j’ai choisi l’album Rue De Siam du groupe Marquis de Sade. Il est clairement un disque à ne pas mettre entre toutes les mains, et les qualificatifs abondent pour le définir… Possédé, angoissé, déprimé, tourmenté, ténébreux… Aucun d’entre-eux n’est superflux.

Le rock français a rarement été sublimé durant les années 80, cependant Marquis De Sade a réussi à y injecter une sacrée dose de classe et de sensibilité à fleur de peau. Avec ce second album définitif pour la carrière du groupe, Philippe Pascal s’impose comme un réel poète écorché vif et doté d’une sensibilité exacerbée. Pour preuve, ce “Cancer And Drugs” pragmatique ou le sublime “Final Fog (Brouillard Définitif)” mettent en exergue les émotions et les sensations qui traversent ces Rennais et leur chanteur. Bien sûr, le Velvet a eu une influence primordiale sur Marquis De Sade. D’ailleurs l’album comporte une version sublime de “White Light / White Heat” du Velvet de Lou Reed et John Cale, durant lequel la tension est omniprésente. On peut également voir planer l’ombre de Television par exemple, planer sur Rue De Siam, dans les sons utilisés, ou même occasionnellement celle de Joy Division. Mais, cet ultime album apparaît empreint d’un travail personnel profond et réellement captivant. Les cuivres abondent, et on peut parfois avoir droit à un funk blanc de très bonne facture comme l’était la volonté des musiciens. Ceci dit Rue De Siam reste toujours nourri d’une gravité rare à l’image de ce “Rue De Siam / Submarines And Iceberg” qui commence nonchalament et qui se poursuit dans une atmosphère qui devient de plus en plus tendue pour se terminer par un instrumental totalement envoûtant. Marquis De Sade est un paradoxe. Rue De Siam en est l’image. Tension et enchantement, délicatesse et violence accrue, passion et rage… Nul doute, que Rue De Siam est un bijou éclatant perdu dans le rock français.

1979

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