La tragédie d’Ustica / Five Miles Out de Mike Oldfield

Le 27 juin 1980 à 20 h 59, un Douglas DC-9-15 effectuant le vol Itavia 870 Bologne-Palerme s’abime en mer Tyrrhénienne, près de l’île d’Ustica au nord de la Sicile, probablement abattu par un missile, tuant les 81 personnes à bord. Cet accident est connu comme la tragédie d’Ustica.

Les causes de l’accident n’ont jamais été éclaircies. Rapidement écartée, la thèse de l’accident fait place à des soupçons d’attentats, d’autant plus crédibles étant donné le contexte de l’époque. Depuis 1999, l’enquête du magistrat italien Rosario Priore s’oriente vers la thèse d’un tir de missiles d’un avion de l’OTAN, français ou américain : celui-ci aurait abattu par erreur le DC-9 en pourchassant un MiG-23 libyen qui se serait dissimulé derrière (technique courante pour échapper à la détection radar). Cette thèse avait déjà été évoquée en 1988. Il faut cependant préciser qu’en 1981, la France ne participe pas aux opérations militaires de l’OTAN et n’était plus membre du commandement intégré depuis 1966.

L’ex-président de la République Francesco Cossiga, et Rosario Priore ont évoqué une tentative d’assassinat de Kadhafi. Deux mois auparavant, le président du Tchad, Goukouni Oueddei, avait annoncé à Tripoli la fusion de son pays avec la Libye, ce qui avait suscité une forte réprobation de la France.

Five Miles Out, à l’instar des autres albums que Mike Oldfield produit dans les années 80, comporte cette dualité schizophrénique entre le rock progressif et ambitieux et le pop-rock à tendance commerciale. Pour l’instant, cette dernière n’est pas encore donnée victorieuse, mais elle parvient toutefois à empêcher la pleine réussite de l’album.

On notera, en guise de parenthèse apéritive, que c’est l’un des rares albums où Oldfield a réuni un groupe stable autour de lui et qu’il ne prend pas à sa charge les trois mille instruments dont il ne peut habituellement se passer.

Mais revenons à notre problématique de la dualité. L’exemple est typique : Mike Oldfield nous balance en ouverture « Taurus II », mouvement de près de vingt-cinq minutes et qui constitue de fait la moitié de l’album. On pourrait le présenter comme une sorte de synthèse, parfaitement construite, de Q.E.2, entre des épanchements de rock instrumental qui se déploient tout riffs dehors, enchâssés dans une structure rythmique appuyée, et des passages, un peu plus paisibles, qui convoque la matière celtique, notamment grâce à l’intervention de la cornemuse. Le résultat est plutôt probant, dans cette veine progressive accessible qui est l’une des marques de fabrique de l’artiste.

1979

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