Les Dogs

A la question « quel est le meilleur groupe de rock français ayant jamais existé ?  », Certains spécialistes répondent d’une même voix « Les Dogs, bien sûr ! » Ce groupe originaire de Rouen s’est en effet durablement inscrit dans le paysage rock hexagonal depuis plus d’une trentaine d’années, au point de devenir une espèce de référence culte dont presque tout le monde a entendu parler sans pourtant connaître une seule de leurs chansons. Hormis quelques aficionados restés fidèles après les premiers succès du début des années 80, force est de reconnaître que les Dogs n’ont jamais attiré un public de masse contrairement à leurs petits camarades de Téléphone. Or, si Téléphone avait du mordant, les Dogs avaient quant à eux du chien, une classe innée qui transparaît immédiatement sur leurs albums. Né en 1973, le groupe emprunte le sillon tracé dans la région par Little Bob Story puis enchaîne les concerts et parvient à convaincre l’ensemble de la presse, qui ne tarit pas d’éloges sur leurs prestations. Hélas, le groupe n’aura jamais autre chose qu’un succès d’estime dans son pays d’origine. Trop british pour la France ? Trop en retard sur la mode musicale, ou trop en avance ? En Normandie, difficile de ne pas regarder de l’autre côté du Channel et de rêver d’Angleterre. Alors on chante en anglais, on joue du garage, on s’habille en dandys. De quoi se tailler un costard de loser à une époque où la musique oscille entre disco et new wave à synthé.
Soucieux d’échapper à l’étiquette de revivaliste qui le menace, le groupe durcit son propos, sort la fender et pousse l’ampli marshall à fond. Sur ce deuxième album (Walking Shadows), sortit en 1980, ils offriront aux fans désarçonnés un répertoire totalement original, balançant entre la noirceur du Velvet Underground et la furia des Stooges. Sachant qu’ils allaient être lourdés par Philips, leur maison de disque. Ils ont donc souhaité partir en beauté en faisant beaucoup de bruit, d’où cet album assez “punk / rock” Effectivement, la maison de disque souhaitait des titres en français : les Dogs ont accepté à la condition que les titres sortent “à part”, sur un 45 T. joint à l’album.

Du velours dans les oreilles

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