RAM

Sévèrement critiqué par la presse unanimement occupée à en dénoncer l’inconséquence, RAM postulait dès sa sortie au titre de futur trésor oublié. D’ailleurs, il ne cessera de se bonifier jusqu’à constituer incontestablement le meilleur album de Paul Mc Cartney. Le recul autorisera finalement à penser qu’il avait été accueilli de façon injuste parce que son auteur cristallise à l’époque toute l’acrimonie ambiante après la séparation des Beatles. Composé dans la campagne écossaise auprès de sa famille, les chansons de paul montrent qu’il n’a pas perdu la main en matière de mélodies. Blues, folk, pop baroque et rock’n roll s’invitent dans ce festin, qui fait suite à l’austère et minimaliste album éponyme de Mc Cartney enregistré à la hâte suite à la séparation des quatre garçons dans le vent. RAM montre son créateur au meilleur moment, entre la pesanteur de la fin des Beatles et la lourdeur des Wings, qu’il formera quelques mois plus tard. On reprochera beaucoup à la star d’avoir embarqué son épouse, la photographe américaine Linda Eastman, dans son aventure musicale. Ici, sa contribution se borne à quelques harmonies de voix. Outre son contenu musical, l’album RAM s’illustre par le conflit entre Paul Mc Cartney et John Lennon qui s’affirme clairement dans ses textes et le graphisme de l’album. Ainsi, Too Many People (1 ère chanson de la face A) parle des quêtes et expériences dans la vie de plusieurs personnes mais avec des allusions peu définies, ce qui pousse à trouver des liens avec le vécu de l’auteur. Son ex-partenaire John Lennon y voit une attaque. Les paroles de 3 Legs (2 ème chanson de la face A), « When I thought that I could call you my friend, but you let me down » (« je pensais pouvoir te considérer comme mon ami mais tu m’as laissé tomber ») peuvent également prêter à toutes sortes d’interprétations. Enfin, une photographie de scarabée copulant, allusion à peine voilée aux Beatles, orne le verso de la pochette de l’album RAM. Lennon, lui, n’a aucun doute et sa réponse est virulente, avec sa chanson « How do you slepp ? » sur l’album Imagine, véritable règlement de compte avec son ancien partenaire. Une photographie, format carte postale est également incluse dans l’album Imagine, montrant Lennon chevauchant un cochon qu’il tient par les oreilles ; parodie directe de la pochette de RAM

Du velours dans les oreilles

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