Spooky Tooth / Pierre Henry

Un jour, Pierre HENRY, ce compositeur français adepte des explorations sonores électriques, entend le groupe anglais des Spooky Tooth. Coup de foudre. Les guitares et l’orgue électriques, la batterie et les deux voix lui ouvrent le chemin d’une collaboration nouvelle avec la musique vivante. Il leur suggère une improvisation concertée sur le texte anglais de la liturgie catholique. Il se jette à son tour sur ses modulateurs, ses filtres et ses phonogènes pour commenter, contre-pointer, approfondir et sublimer ce matériau de base de toutes les ressources de son immense palette sonore artificielle. D’où le chant naturel et profond, la grande incantation magique de cet album « Ceremony » sortit en 1970.

Car c’est bien le miracle de ce produit de laboratoire, strictement destiné aux haut-parleurs, que de jaillir du plus intime de l’âme collective, comme une danse de procession mystique. Pierre Henry ne rajoute pas, ne greffe pas ses objets sonores sur la chair vive de la musique directe. Il réussit une véritable osmose, au point d’être lui-même Spooky Tooth parmi les Spooky Tooth.

Ce qui étonne, c’est cette force incantatoire, cette montée progressive et violente des sons, jamais réalisée sur deux plans différents, dans deux directions, mais dans une même structure. Un jeu subtil de balancements créant un climat particulier. Prédominance de la voix de Gary Wright, avec en contre point, les heurts sonores de Pierre Henry ou bien progression des ces heurts qui viennent couvrir la voix portée au loin part l’écho, pour se perdre dans les ténèbres.

Du velours dans les oreilles

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