Steely Dan “The Nightfly”

Le groupe New Yorkais Steely Dan dissolu pour la première fois, c’est sans Walter Becker que Donald Fagen s’enferme en studio en 1982 pour un premier opus solo qui peut désormais être érigé au rang de classique moderne, tant il a marqué et son époque, et la notre. Tel la bande-son d’un siècle révolu dont la nostalgie nous hanterait et nous guiderait encore, cet album de Rythme and Jazz, absolument parfait sur le plan technique nous enferme pour la nuit dans un abri anti-nucléaire, pour y flirter avec notre petite amie en écoutant de la musique alors que dehors règnent les angoisses de la guerre froide, la peur de l’avenir. Un disque empreint de nostalgie sur lequel notre homme croyait bon de préciser en guise d’avertissement ” les chansons de cet album représentent certains fantasmes qui auraient pu appartenir à un jeune homme élevé dans la banlieue d’une cité du Nord-Est durant la fin des années 50 et le début des années 60, quelqu’un comme moi” Téméraire mais pas inconscient pour autant, Donald Fagen s’entourera pour la circonstance, d’une ribambelle de pointures (jeff Porcaro, Larry Carlton, Greg Phillingames, Valérie Simpson, les frères Brekers, …) dont la plupart avaient déjà collaboré aux précédents enregistrements du groupe, et s’offrira dans la foulée, les services de Gary Katz, légendaire producteur qui avait fait le son et la gloire de Steely Dan. La grande nouveauté était que, sur cet album, Katz pouvait enfin se frotter aux toutes nouvelles techniques d’enregistrement et combiner son savoir-faire à la qualité du numérique. Le résultat fut impressionnant, il l’est encore aujourd’hui. “The Nightfly” fait partie de ces disques tellement peaufinés qu’ils en deviennent inusables.

Du velours dans les oreilles

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