Traffic – “Mr. Fantasy”

Certains se demandent peut-être ce que la musique des lointaines années 1960 peut avoir à offrir de plus libre, de plus bizarre et attrayant, de plus novateur et jouissif, de plus fou et décalé, de plus inspiré. Penchons-nous alors sur le premier album de Traffic, “Mr. Fantasy” sorti en 1968, au titre décidément bien choisi. Non seulement les musiciens qui composaient à l’origine le groupe étaient de toute première force, mais ils réussissaient en outre l’exploit d’oublier la technicité dont ils étaient capables pour livrer un rock psychédélique complètement déjanté, et délivré de toute contrainte. Winwood-Capaldi-Wood et Mason livreront les deux petites bombes qui entament ce recueil ainsi que la fameuse chanson éponyme. Mais tout est bon à prendre en fait sur ce premier disque vinyle chef-d’œuvre. Des mélodies fabuleuses égrainées par un instrumentarium bigarré, orgue, clavecin, flûte, saxophone, sitar, percussions orientales… se joignant régulièrement aux guitares, basse, batterie, des ritournelles qui font mine de sortir d’une petite boîte à musique, des vocaux jaillissant de la brume lointaine, des parties mécaniques se livrant à une farandole festive, alternant des parties au lyrisme tendu et émouvant avec des passages cartoonesques en diable et d’autres qui renversent tout sur leur passage. Cet album est difficilement descriptible tant la musique y virevolte sans cesse, passant du coq à l’âne, avec pourtant, toujours en ligne de mire, la redoutable efficacité des compositions servies par la synergie d’un groupe en totale cohésion. Un véritable must, à ranger aux côtés du premier Pink Floyd ou de Sgt Pepper’s.,

Du velours dans les oreilles

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